abécédaire

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Siegfried Kracauer

Siegfried Kracauer
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Siegfried Kracauer

Responsable des pages culturelles du Frankfurter Zeitung avant l’exil, pages où Walter Benjamin signait de fréquents articles, Siegfried Kracauer (1889-1966) fut aussi bien romancier et critique, philosophe et historien, journaliste et essayiste.
La proximité de leur relation, qui ne peut être séparée d’une amitié commune mouvementée avec Ernst Bloch comme d’un lien très fort les unissant chacun à Theodor W. Adorno, se laisse voir dans la recension des Employés (1930) où W. Benjamin dépeint S. Kracauer sous les traits d’un chiffonnier, à l’aube de la révolution.
L’exil les réunira à Paris où à l’isolement s’ajoutait une très grande adversité comme le souligne Kracauer dans une lettre à Benjamin de février 1935 : « Maintenant, nous sommes parvenus sains et saufs à la fin absolue de nos moyens, et le souci de savoir comment financer dans l’avenir cette existence misérable me laisse désemparé ».
Leurs recherches furent pendant ce temps très proches, S. Kracauer travaillant à une biographie d’Offenbach qui n’est pas sans tisser de nombreux échos avec le travail de W. Benjamin sur les Passages parisiens. Si l’un et l’autre furent confrontés à la déclaration de guerre à l’internement des étrangers indésirables, s’ils furent tous deux libérés par H. Hoppenot grâce à l’intervention première de leur amie commune Adrienne Monnier, seul S. Kracauer, à bout de forces, parviendra à rejoindre New York en avril 1941.