repères chronologiques

Benjamin, Walter (1892-1940)

1892

Naissance de Walter Benjamin à Berlin  ; il est l’aîné des trois enfants d’Emil Benjamin, homme d’affaires et collectionneur, et de Pauline Benjamin, née Schönflies.

1901-1912

Scolarité à la Kaiser-Friedrich-Schule dans le quartier berlinois de Charlottenburg et au Landerziehungsheim de Haubinda (Thuringe), une école aux méthodes progressistes qui influenceront ses réflexions sur l’éducation.

1910-1911

Sous le pseudonyme d’Ardor, premières publications dans la revue lycéenne Der Anfang.

1912-1917

Baccalauréat (Abitur) à Berlin, puis études de philosophie à Fribourg-en-Brisgau, Berlin et Munich.

1913

Rencontre le poète Fritz Heinle ; premier voyage à Paris.

1914

Président du Mouvement des étudiants libres (Freie Studentenschaft) ; déclaré inapte au service militaire ; suicide de Fritz Heinle et de son amie au moment de la déclaration de guerre : profondément marqué par ce drame, Benjamin s’emploiera longtemps à faire publier les œuvres posthumes du poète.

1915

Rencontre Gershom Scholem.

1917

Épouse Dora Sophie Pollak et s’installe avec elle à Berne.

1918

Naissance de leur fils Stefan Rafael.

1919

Benjamin soutient sa thèse, Le concept de critique esthétique dans le romantisme allemand à l’université de Berne ; rencontre Ernst Bloch.

1920

Retour à Berlin ; grandes difficultés financières.

1921

Projets pour la revue littéraire Angelus Novus, qui finalement ne verra jamais le jour.

1923

Prépare son habilitation à l’université de Francfort ; rencontre Theodor W. Adorno et Siegfried Kracauer ; traduction des Tableaux Parisiens de Charles Baudelaire.

1924

Benjamin fait la connaissance d’Asja Lacis à Capri.

1924/25

Publication de l’essai sur Les Affinités électives de Goethe dans la revue d’Hugo von Hofmannsthal, Neue Deutsche Beiträge.

1925

Échec de son habilitation ; entreprend avec Franz Hessel la traduction d’À la recherche du temps perdu de Proust.

1926

Benjamin réside à Paris plusieurs mois ; il y retrouve Franz Hessel et Ernst Bloch, tente de tisser des liens au sein des milieux littéraires ; il fréquente les foires et les marchés aux puces ; ce séjour inspirera certains de ses travaux ultérieurs.

1926/27

Séjour de deux mois à Moscou ; Journal de Moscou ; à son retour à Berlin, il publie l’essai Moscou dans la revue de Martin Buber, Die Kreatur.

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1927

Nouveau séjour à Paris  : Benjamin se passionne pour le surréalisme ; la lecture du Paysan de Paris d’Aragon (dont il traduira quelques extraits l’année suivante) suscite un projet d’essai sur les Passages ; fréquents entretiens avec Gershom Scholem ; projet d’installation en Palestine.

1928

Rencontre André Gide à Berlin ; les éditions Rowohlt publient Sens unique et Origine du drame baroque allemand.

1929

Benjamin fait la connaissance de Bertolt Brecht par l’intermédiaire d’Asja Lacis ; il obtient un visa pour la Palestine dont il ne fera jamais usage.

1930

Séjour à Paris : amitié avec Adrienne Monnier ; Benjamin divorce de Dora ; avec Bertolt Brecht et Bernard von Brentano, projet de création de la revue Krise und Kritik.

1931

Séjour à Paris et en Provence.

1932

Benjamin fait la connaissance de Jean Selz à Ibiza ; il entame la rédaction de sa Chronique berlinoise et d’Enfance berlinoise vers 1900 ; à Francfort, rencontre Max Horkheimer, qui dirige l’Institut für Sozialforschung (« Institut de Recherches Sociales »).

1933

En mars, Benjamin s’exile à Paris ; à Ibiza, il travaille avec Jean Selz à la traduction française d’Enfance berlinoise vers mil neuf cent ; retour à Paris en octobre où il peut faire transférer l’essentiel de ses archives ; rencontre Gisèle Freund à la Bibliothèque nationale ; en Allemagne, il doit écrire sous pseudonyme pour être publié ; début de la correspondance avec Gretel Karplus, future épouse d’Adorno.

1934 / 1935

Contributions régulières pour la Zeitschrift für Sozialforschung (ZfS), organe de l’Institut de Recherches Sociales en exil qui alloue à Benjamin une allocation mensuelle ; travail intense sur les Passages ; séjour chez Brecht au Danemark, puis à San Remo ; Adorno critique sévèrement l’Exposé consacré à Paris, capitale du XIXe siècle.

1936

La ZfS publie une première version de L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée dans la traduction française réalisée avec Pierre Klossowski ; nouveau séjour chez Brecht au Danemark ; parution de l’anthologie Allemands. Une série de lettres sous le pseudonyme de Detlef Holz chez Vita Nova, Lucerne ; la revue Das Wort édite l’essai sur Gide Lettre parisienne. André Gide et son nouvel adversaire ; séjours à San Remo.

1937

Entame un travail sur Baudelaire ; séjours à San Remo.

1938

Rencontre Hannah Arendt à Paris ; dernier séjour au Danemark chez Brecht ; la ZfS publie sa recension de la thèse de Gisèle Freund sur la photographie française au XIXe siècle.

1939

Benjamin est déchu de la citoyenneté allemande ; l’étude Sur quelques thèmes baudelairiens paraît dans la ZfS ; lorsque la guerre éclate, il est interné au camp du Clos Saint-Joseph près de Nevers ; libéré en novembre grâce à Adrienne Monnier et à Henri Hoppenot, diplomate au Quai d’Orsay.

1940

Retour à Paris ; rédige ses thèses Sur le concept d’histoire ; en juin, Benjamin fuit vers Lourdes avec sa sœur Dora, laissant tous ses manuscrits dans la capitale (il confie notamment ses matériaux et travaux préparatoires aux Passages à Georges Bataille, alors conservateur à la Bibliothèque nationale) ; en août, il gagne Marseille où il obtient un visa pour les États-Unis ; en septembre, avec quelques réfugiés allemands, il tente de franchir illégalement les Pyrénées pour rejoindre l’Espagne ; le 25 septembre, il arrive à Port-Bou avec le petit groupe mené par Lisa Fittko ; face au refus des policiers espagnols de leur laisser passer la frontière, Benjamin se suicide le 26 septembre en absorbant une forte dose de morphine.