visite de l'exposition

Parcours 13

Passé mué en espace / Passages et intérieur

Selon Benjamin, les passages et l’intérieur sont des figures spatiales qui se correspondent. Il a tenté d’en livrer une interprétation historico-philosophique et en a conservé des photographies. On doit certaines d’entre elles à son ami Sasha Stone. Elles représentent un intérieur privé rempli de bibelots.
D’autres clichés sont signés Germaine Krull, qui était elle aussi une amie de Benjamin. Vers 1928, celle-ci photographia des passages parisiens, des vitrines exposant des perruques ou des corsets, des arrière-cours à la peinture écaillée, des façades usées. Ces motifs avaient été révélés par le surréalisme.
Considéré par Benjamin comme la forme architecturale la plus importante du XIXe siècle, le passage était devenu à son époque une forme de construction passée, vieillie et révolue.
Comme le philosophe, Krull cherchait à déceler en eux des aspects neufs. Sous son objectif, les passages se muent en espaces peuplés de signes, voire en une mystérieuse forêt d’enseignes disparates. Certains clichés accordent aux horloges une place importante. Images d’un temps figé, elles semblent indiquer que l’heure des passages a sonné.